vendredi 29 mai 2009

Mon 1er mai

Ils veulent du pouvoir d'achat, avoir plus encore de choix pour consommer quand l'intolérable productivité, délocalisée ou pas, est en train de tuer leurs enfants pour qui, pourtant, ils disent s'inquiéter.

Voilà seulement quarante huit heures que je viens de dire adieu au magnifique cul d'Isabelle. Je commence à reprendre quelque peu pied dans la réalité et j'ai la sensation d'avoir vécu ces deux derniers mois sous GHB. Moi le jouisseur au cœur atrophié, je m'étais laissé étourdir par un afflux hormonal de jeune puceau, au point d'en oublier mes penchants naturels pour la diversification sexuelle.
Nous sommes le 1er mai, il est cinq heures du matin et je sors tout juste du studio d'un rugbyman qui m'a fait découvrir les joies des mêlées vigoureuses. Il a passé une partie de la nuit à transformer des essais, ce qui n'est pas sans me poser quelques problèmes pour marcher.

A ses heures matinales, celles de mes déambulations entre deux états, ses heures que je pratique depuis toujours, j'ai l'habitude d'observer la rencontre éphémère autant qu'intemporelle de deux mondes complémentaires qui s'ignorent allègrement la plupart du temps. Les travailleurs du jour allant à leurs tâches croisent cette humanité lunaire allant à son lit.
Mais ce matin j'aperçois surtout des cars de CRS dans lesquels, à moitié endormis, enfumés des odeurs de pieds et de pets accumulés lors des trajets, les protecteurs de l'ordre et de la loi, les soudards écervelés du pouvoir, attendant l'heure de se mettre en rang pour la bataille. Ils sont quand même très nombreux.

Du coup, je réagis. Le 1er mai, le muguet, les bruits de la rue de ces dernières semaines dont essayait de me parler Isabelle mais qui m'indifférais, bien trop occupé que j'étais, les oreilles entre les cuisses de la belle. Il est vrai que que je ne m'en suis guère préoccupé, comme à mon habitude. C'est bien pour cela, d'ailleurs, que cette entêté de métissée c'est lassée de mes assauts répétés à tous ses orifices et m'a délaissé en me souhaitant de pourrir par la queue qui pourtant l'avait si bien fait jouir.

C'est vrai, je l'avoue, je me fous comme de ma première éjaculation de ces confrontations stériles entre possesseurs et possédés. Ce n'est pas que je ne respecte pas ce combat pour plus de justice sociale que réclame les populations. Ce n'est pas, non plus, que je n'ai pas conscience de leurs désarrois face aux cynismes affichés de ces classes qui ont accaparés les pouvoirs et n'entendent pas les partager. Non, et même, en vérité dans mes jeunes années d'homme encore riche d'espoirs, de rêves, d'utopies et de grandes idées, j'étais un combattant des libertés. Puis les années passant, la classe ouvrière devenant la ménagère de moins de cinquante ans. Les employés accouchant de consommateurs décérébrés. Les employeurs jouant aux financiers, aux usuriers prêtant à des taux exorbitants de ridicules sommes servant à aliéner , enchaîner à l'accès à la propriété, les velléités de ceux dont les parents, pourtant, avaient versés des larmes et du sang d'en l'espoir d'y noyer à jamais les inégalités.

Comment aider, comment être solidaire avec ces gens qui vont défiler pour défendre le modèle de société qui les amène ici, en ce jour, arpenter le bitume, crier le désespoir. Peut-être même faire le grand soir, ce dont je doutes, car la plupart ne revendique en fait qu'une plus grosse part d'un gâteau dont les ingrédients sont déjà en voie de décomposition.

Ils veulent sauver leurs emplois quand sous leurs poids la terre ploie. Ils veulent du pouvoir d'achat, avoir plus encore de choix pour consommer quand l'intolérable productivité, délocalisée ou pas, est en train de tuer leurs enfants pour qui, pourtant, ils disent s'inquiéter.

Moi, il y a maintenant bien longtemps, lorsque je me suis éveillé. Lorsque j'ai pris conscience que chacun d'entre nous portait en lui les germes de la défiance. Compris que le penchant naturel de l'homme n'était pas dans la solidarité. Que soumis à la constante stimulation émotionnelle imposée par les médias traitant toute information sans recul, ni explication de texte, il ne pouvait survivre que grâce aux instincts primaires qui vont si bien avec les idéaux de l'ère bancaire. Compris que l'histoire allait dans ce sens et que je ne pouvais rien y faire, alors je me suis retiré.

A partir du moment où le banquier fait la loi, où à son service, la science aveuglée fait la foi. A partir du moment où la majorité croit plus au livret A qu'à l'amitié, que la propriété est la panacée. A partir du moment où le rêveur (raver) est considérer comme un parasite improductif, un boulet à la société. A partir du moment où les idées sont comptabilisées, la vie breveté, l'eau commercialisée, l'air pur réservé. A partir de ce moment là, il n'y a plus grand chose à espérer.

Moi je me suis réfugié dans les plaisirs gratuits et sans cesse renouvelés de la sexualité. J'ai cessé de m'excuser de penser et vivre différemment. Je me suis débarrassé du sentiments de culpabilité que j'ai longtemps éprouvé, face à ceux qui n'ont pas encore ouvert les yeux et qui sont malheureusement encore beaucoup trop nombreux pour espérer voir émerger, ici, en ce premier mai 2009 une véritable maturité de l'humanité.

Voilà ce que je penses du 1er mai, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Je vous invite à lire les articles d'Aimsapiens. Et même si il prétend que je suis irrévérencieux, ce qui est faux, il a toute mon amitié. J'espérais plus mais il ne s'est pas encore converti à la bisexualité. Ça viendra....

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